34 pages / noir & blanc / 22 x 22 cm

Elle est conteuse de pâtés, Elzévir. Au bord des marches ou sur les îles des pavés. Elle les moule et les pose, des sabliers piégés pour faire sauter le temps. Celui qui dure et durcit les étoiles des mers pour en faire des pierres. Ses châteaux prennent l’eau des pluies, l’air des maisons.

Elzévir poudre les cailloux de paillettes d’images. Du pollen pour les bêtes de nuit en contre - lune. En contre - jour, elle relève les marelles debout sur les murs.

Elzévir sait lire. Elle dresse des livres savants sur leur tranche de vie. Elle en a pris son nom. Entre les pages, elle couche des pages, des mots en graine car elle écrit aussi. Lorsqu’un livre est fini on dirait un mirage sans dune.

Le soir, les poubelles respirent. Il tombe des croûtons et des pétales mous. Sur les râteaux des toits les pigeons haussent des ailes, l’œil vitrifié des vautours. Où sont les rats ? Le seau est retourné, les fables sont ensablées. Les bâtons blancs caressent la poussière comme les doigts d’un gant de fée. L’égout s’est tu. Elzévir a envie de rire devant son cirque : chapiteau d’araignée, piste de craie sans avenir. Elle conte ses numéros et ne retient rien, accroupie, belle enfant de cour.

 

                                                                                                                                                     (texte intégral)