36 pages / noir & blanc / 21 x15 cm

La confusion s’installe dans l’identification de mes objets. Je croyais pouvoir compter sur l’association de leur séduction et de ma mémoire, à défaut du contraire. Il pouvait y avoir leur couleur et l’endroit de la découverte ou encore leur forme et une émotion, leur nature et les détails d’une anecdote. Bref, il n’en est rien. J’ai perdu les traces de leur invention. Me voilà à considérer le dépouillement de mes repères. Question de distance, le temps d’un côté, l’espace de l’autre. J’ai eu des histoires en tête épuisées par l’attente et n’ai cessé de me redresser depuis mes déplacements reptiliens jusqu’à mon survol vertical du sol. Les objets se sont donc éloignés ou sont devenus plus petits. Dieu sais pourquoi je suis ainsi cosmonaute ! En vérité Dieu ne sit rien car il fut un temps où ne le  distinguait lui-même des orbites célestes. Voilà en somme un pouvoir imprévu sur les petites choses, une griserie venue de ce surplomb. Mickey peut promener son chien. Mimosa prendre des risques au devant d’une auto. Bien sûr ces faits sont individuels et  réduits à l’insignifiance quand les armées se mettent en marche. Pourtant, rien n’est aussi définitif que le chien consente toujours à se laisser mener par une souris - serait-elle célèbre ! - alors que les soldats demeureront inconnus. Et peut-on présager de la trajectoire du fils de Popeye quand on connaît le père ?

                                                                                                                                                         (texte intégral)